
La Pierreuse, La Gummfluh et la vallée de l’Etivaz
Entre nature et économie alpestre
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Le Parc consacre une mini-série qui présente différents sites classés à l’Inventaire fédéral des paysages. Ce deuxième volet explore le paysage de la Pierreuse – Gummfluh – Vallée de L’Etivaz, une histoire de cohabitation entre l’humain et la nature.
Le Parc compte 4 paysages d’exception recensés à l'Inventaire fédéral des paysages, sites et monuments naturels(IFP) sur son territoire. Après l'article sur le Breccaschlund en mars, le deuxième volet de cette série d'articles met en lumière la Pierreuse – Gummfluh – Vallée de L’Etivaz.
Située dans les Préalpes vaudoises, au sud-est de Château-d’Œx, cette région montagneuse rassemble la Pierreuse et le vallon de la Gérine au nord, le massif de la Gummfluh au centre, le vallon du Meielsgrundbach à l’est et la vallée de l’Etivaz au sud-ouest. Inscrit à l’IFP depuis 2017, il doit ce classement à sa valeur sa valeur géologique, écologique et historico-culturelle.

Carte du paysage de la Pierreuse - Gummfluh - Vallée de l’Etivaz classé à l’IFP
Un paysage contrasté et fascinant
Depuis Château-d’Œx, la vue vers le sud offre un panorama sur la Gummfluh, le Rocher Plat et le Rocher du Midi. Ces hauts sommets rocheux calcaires sous lesquels reposent quelques cônes d’éboulis imposants, dépourvus de végétation, forment l’un des paysages les plus emblématiques du Parc : La Pierreuse. Le contraste entre ces formations géologiques accidentées et les pâturages verdoyants ainsi que les forêts denses des environs est fortement marqué.
Ce paysage abrite également des moraines et des glaciers rocheux fossiles remarquables. Les vallons présents ont été sculptés par des glaciers lors des dernières glaciations. Le vallon de la Torneresse, avec son profil en U, est particulièrement représentatif de la morphologie d’un vallon creusé par un glacier. Au cours de leurs passages successifs, ces géants de glace ont laissé derrière eux des sédiments morainiques, certains étant parmi les plus significatifs des Préalpes.


Des glaciers rocheux fossiles, témoins de la fin de la dernière période glaciaire sont présents et illustrent le processus fascinant qui a eu lieu. Sous des conditions froides et humides, la glace se forme entre des pierres accumulées sur des pentes, mises en mouvement par la gravité. Cette masse de glace et de roches se déplace lentement, telle une coulée de lave. Lorsque les températures augmentent, la glace fond, mais les roches remodelées restent en place.

Vallée de la Torneresse
Un refuge pour la faune
Une grande partie de ce site d’importance nationale est protégée en tant que réserve naturelle, sous le nom de La Pierreuse. Depuis 1958, cette réserve est gérée par Pro Natura Vaud et est la plus grande de Suisse romande. Cette aire protégée, composés de forêts, pâturages, marais et de prairies subalpines, constitue un habitat pour diverses espèces animales, tout en permettant le maintien de l’agriculture de montagne.
Le massif de la Gummfluh, exposé aux vents du nord et de l’ouest, connaît des intempéries fréquentes qui favorisent un environnement humide, en particulier dans les vallons peu ensoleillés, comme celui de La Torneresse. À Pâquier Mottier, un bas-marais d’importance nationale abrite une flore et une faune spécifiques, telles que des batraciens et une association forestière rare : des hétraies à érable et des érables à orme.

Un témoin de l’exploitation alpestre traditionnelle
Depuis le 15e siècle, l’économie alpestre, notamment autour de la production de fromage à pâte dure, s’est développée dans cette région préalpine, avec la fabrication du fromage l’Etivaz AOP. Cette activité agro-sylvo-pastorale a contribué à façonner le paysage local. Les vaches pâturent dans les zones basses, limitant l’embroussaillement. En altitude, les pâturages sont réservés aux chamois et bouquetins, tandis que les moutons y sont exclus pour protéger la flore.
L’épierrage des pâturages, pratiqué par l’homme, permet de maintenir les éboulis et d’assurer la qualité des alpages. Les chalets d’alpage traditionnels et les murs en pierre sèche, en particulier au Col de Jable, sont des éléments caractéristiques de ce paysage modelé par l’exploitation alpestre.

Dans un pays comme la Suisse, le paysage naturel n’existe qu’en haute altitude, dans les milieux minéraux, là où les activités humaines sont limitées. Partout ailleurs, le paysage est un produit à la fois naturel et culturel. Comprendre un paysage implique donc d’en comprendre ce double aspect.
- Philippe Schoeneich, Documents de l’Association pour le patrimoine naturel et culturel du canton de Vaud, n° 9, 2007.
En savoir plus
Les Sites IFP

CHÂTEAU-D'OEX - L'ETIVAZ

CHARMEY – BRECCA
