Les femmes au cœur du Parc

Samedi 19 octobre 2019, le Cinéma Eden de Château-d'Œx a accueilli la journée spéciale intitulée Les femmes au cœur du Parc. Au cours de l'après-midi et de la soirée, les thématiques touchant la place des femmes dans l'agriculture, dans l'entreprise et dans le sport ont été traitées. Un film documentaire soulevait une problématique pour chacun de ces axes. Au terme de la projection, une discussion animée par une journaliste prolongeait le débat. Outre proposer un espace d'échanges et de discussions, le Parc tient à mettre en lumière le travail souvent peu reconnu des femmes. Le rôle du Parc n'est en rien jugeant, mais comme le dit si bien Isabelle Daccord, co-organisatrice de la journée, à partir du passé, se situer dans le présent pour envisager l'avenir. Retour en images et en mots sur ces rencontres touchantes. 

 

 

La place des femmes dans l'agriculture

Ce premier volet débutait avec un film d'Aurélia Etienne, documentaire présentant des femmes ardéchoises à s'intéroger devant la caméra sur leur condition. 

La discussion qui a suivi la projection invitait Sylvie Bonvin-Sansonnens, agricultrice à Rueyres-les-Prés et Claudine Rime, agricultrice à Charmey à témoigner sur leurs expériences. Toutes deux cheffes d'exploitation - l'une en plaine, l'autre en montagne - elles se rejoignent sur le fait que pour être prise au sérieux, il faut pouvoir justifier sa place à la fois par des diplômes et être capable d'effectuer les mêmes tâches que les hommes. Dans certains cas, se montrer féroce face à d'autres confrères est même nécessaire. 


 

 

Toutes deux soulignent la précarité de la femme sur l'exploitation agricole où les inégalités salariales sont encore légion. Cette précarité s'étend également au rôle si peu reconnu des femmes d'agriculteurs. Un panneau réalisé à partir du témoignage de deux couples d'agriculteurs du Parc met en évidence la multifonctionnalité des épouses. Ce panneau se trouvait sur le stand de la commission agricole du Parc, auprès d'autres partenaires présents, Prométerre et le Bureau de l'égalité Vaud et Fribourg. 

Sylvie Bonvin-Sansonnens insiste sur le rôle essentiel que jouent les épouses d'agriculteurs.

 

 

 Un autre panneau présentant le portrait de trois jeunes agricultrices dans le Parc était également présenté sur le stand de la commission agricole. 

 

Sylvie Bonvin-Sansonnens, première femme fribourgeoise à acquérir une maîtrise agricole, donne quelques conseils aux agricultrices et futures agricultrices.

 

Camille Andres, journaliste animant la partie témoignages, résume la discussion: 

 

 

La place des femmes dans l'entreprise

Dans l'entreprise également, les femmes jouent des coudes afin de prendre leur place, notamment dans certaines professions qui restent encore à consonance masculine. Après la projection du film de Thierry Mercadal Femmes architectes, Camille Andres (à droite ci-dessous) animait une discussion entre 3 femmes évoluant dans un milieu masculin: (de gauche à droite ci-dessous) Fanny Vidale (charpentière), Alexia Weill (sculptrice) et Esther Mottier (agricultrice, co-fondatrice d'entreprise). 

 

 

Charpentière aux Sciernes-d'Albeuve, Fanny Vidale partage son expérience concernant la façon de faire sa place dans un métier d'homme et sur les limites qu'on lui a fixées ou qu'elle s'est fixées pour atteindre son but : 

Ce qui résonne en moi, c'est l'éducation, le conditionnement, notamment véhiculé par l'école. Mais pas seulement! Dans les Walt Disney, voyant les belles princesses, j'avais plutôt envie de construire le château! Mon grand-père qui était féministe m'a transmis sa passion, il m'a inspirée. Même très motivée par le compagnonage, je n'étais pas prête à rentrer dans ce milieu d'hommes. On me disait que je n'avais pas le gabarit pour être charpentière. Mais ma passion m'emmenait au-delà des embûches! Ceci dit, il ne faut pas genrer la discrimination, beaucoup de femmes m'ont également  fait des commentaires. Plus jeune, tentant de m'intégrer dans ce métier d'hommes, je me protégeais en mettant des barrières : j'étais froide avec les gens, je m'abillais tout le temps en pantalon de travail. Puis, j'ai entrepris une formation en communication non-violente. Comprendre ce qui se passe à l'intérieur de l'autre a complètement débloqué la situation. 

Alexia Weill, sculptrice établie à Montreux, confie ce que le fait d'être une femme a impliqué professionnellement : 

Dans la sculpture, en tant que femme, je partais avec un handicap. J'avais l'impression qu'il fallait prouver deux fois plus qu'on y arrivait. Comme tout se passait bien et que j'arrivais à créer des sculptures monumentales, certains ont commencé à mettre en doute que je lesexécutais moi-même. J'ai dû aller jusqu'à me filmer à l'œuvre!

Forte de son expérience et militante, Alexia Weill encourage les femmes à croire en elles: 

 

Esther Mottier, agricultrice et entrepreneure à Château-d'Œx, confie avoir beaucoup réfléchi à la communication, à la gestion des émotions. Elle et son mari se sont beaucoup remis en question, ont encaissé les commentaires. Droits dans leurs bottes, ils ont affirmé leur leadership:

Nos méthodes, notamment la biodynamie, en ont perturbés beaucoup. Le changement fait peur! Avec mon mari, nous avons toujours avancé de manière collective, croyant profondément à la ressource de l'autre. 

Les femmes dans le milieu de l'entreprise, une synthèse de Camille Andres, journaliste chargée de l'animation de la discussion: 

 

 

La place des femmes dans le sport

 Le milieu sportif professionnel représente une source flagrante d'inégalités, en matière de reconnaissance, de médiatisation et de salaires. Les sportives professionnelles Marinette Martin, vététiste (au milieu ci-dessous), et Anne-Flore Marxer, snowboardeuse (à gauche ci-dessous), étaient invitées à témoigner dans une discussion menée par la journaliste Karin Allemann, responsable de la rubrique sportive au journal La Gruyère (à droite ci-dessous). 

FEMMES SPORT 60921

Le film projeté avant la discussion était un documentaire qu'avait tourné Anne-Flore Marxer en Islande, intitulé A land shaped by women. Combinant glisse sur les vagues et sur les flancs des montagnes, la snowboardeuse et son amie Aline Bock y découvrent l'état d'esprit fondamentalement frondeur et positif des femmes islandaises.

Durant la discussion qui a suivi la projection, Anne-Flore Marxer est revenue sur les raisons qui l'ont poussée à se battre, pas uniquement pour une victoire en compétition, mais également pour pouvoir y participer, raisons qui l'ont poussée à réaliser ce film tant sur la glisse que sur la femme. 

Je suis partie en Islande par besoin; je voulais ressentir ce pays, être entourée par ces femmes qui ont su canaliser leur énergie pour faire ressortir du positif. En tant que snowboardeuse professionnelle, j'ai constaté à mes dépens que même si 40% de mes homologues sont des femmes, les organisateurs de championnats excluent ou limitent la présence des femmes. On pourrait penser que le milieu du freeride est cool, jeune, mais en réalité c'est très rétrograde. Durant longtemps, il n'y a eu aucune pression extérieure, les organisateurs faisaient ce qu'ils voulaient. On me disait que je n'avais pas le droit de participer à des épreuves comme le slope style jugé trop dangereux. C'est seulement lorsque le snowboard et le skate sont devenue des disciplines olympiques que les règles ont été adaptées. Mais dans le salaire, les inégalités subsistent, sans parler du phénomène "sport-spectacle" qui préfère financer les hommes. Peu de femmes arrivent à vivre de leur passion, et donc à devenir professionnelles. 

Vététiste, Marinette Martin amène sa vision quant à sa place dans ce milieu essentiellement masculin. 

Je suis maman de trois enfants et je travaille, ce qui, aux yeux de certains, me fait déjà passer pour une égoïste. Donc ajoutées à cela le temps que je passe à m'entraîner et c'est fini! Lorsque mes enfants étaient petits, je partais quand je pouvais, par petits moments. Sur les compétitions de VTT, même si la plupart des hommes se montrent totalement fairplay, je constate qu'il en reste certains qui montrent leur mauvaise humeur lorsqu'il y a une femme dans le peloton, ou qui ne supportent pas qu'une femme les dépasse. Même si nous ne sommes pas encore nombreuses, les femmes commencent à arriver sur les grands parcours; le changement est perceptible.  

 

 

 

 

 

 

 

PARC NATUREL REGIONAL GRUYERE PAYS-D'ENHAUT

Place du Village 6 
1660 Château-d'Œx
+41 (0) 26 924 76 93

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

INFORMATIONS SUR LES ANIMATIONS ET INSCRIPTIONS


+41 (0) 848 110 888

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

NEWSLETTER